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" ... Les origines de cette église sont assez obscures. Elle ne fut, semble-t-il, à ses débuts qu'une chapelle,
annexe de la paroisse de La Tour-d'Aigues, établie en cet endroit pour assurer le culte aux habitants
de ce territoire éloigné. Elle dépendait en effet du prieuré de La Tour-d'Aigues et était
desservie par les chanoines de l'ordre de Saint-Ruf qui détenaient ce prieuré.
Cet état de dépendance et d'annexe explique qu'on ne la trouve mentionnée sur aucune des listes
de bénéfices ecclésiastiques des 13e et 14e siècles et que les archevêques d'Aix, au cours
de leurs tournées pastorales, aient longtemps négligé de la visiter.
Elle n'apparaît finalement dans la documentation qu'à la fin du 15e siècle, au moment où elle fut érigée en paroisse autonome. Sa fondation est pourtant bien antérieure à cette date tardive et devrait logiquement remonter à l'époque où commença à se constituer le village, autour de la "bastide" établie vers 1230 par Saveric. Le seul document susceptible d'aider à sa datation est l'inscription lapidaire actuellement placée dans la chapelle nord. Les caractères et le style de l'inscription paraissent remonter au début, voire au milieu du 13e siècle (IM84001518). Probablement plus ou moins laissée à l'abandon durant la période de désertion du village, l'église dût être restaurée dans le dernier quart du 15e siècle. En 1479, un habitant du lieu, nommé Jean Michel, légua à l’œuvre de l'église Nostre Domine de Bene Adventu, pour aider aux réparations de l'édifice, une charge de blé. La porte d'entrée qui s'ouvre du côté nord date apparemment de cette restauration, effectuée entre 1479 et 1486. C'est au cours de sa visite pastorale de 1486 que l'archevêque d'Aix constatant que le village, récemment repeuplé par les soins du baron de La Tour-d'Aigues, Fouquet d'Agoult, avait besoin d'un sanctuaire normalement desservi - les habitants étaient obligés de se rendre à La Tour-d'Aigues, éleva l'église au rang de paroisse, avec fonts baptismaux et cimetière et institua un vicaire pour la gérer. L'église fut dès lors régulièrement entretenue et desservie. En 1535, lors d'une autre visite pastorale, l'archevêque trouva l'édifice en bon état et convenablement meublé et orné et se borna à ordonner aux syndics du lieu d'acheter une custode. La situation était également satisfaisante lors de la visite suivante, en 1582 : au vicaire, un moine de Saint-Ruf nommé par le prieur de La Tour-d'Aigues et résidant au village, venait d'être adjoint un prêtre secondaire, tous deux logés, par les soins de la communauté, dans une maison claustrale. La petite chapelle latérale (côté nord) aurait été ajoutée au 16e siècle. Note de synthèse Édifice roman primitif : nef unique de deux travées avec abside en cul de four ; il reste l'abside, qui a été remaniée et a perdu sa fenêtre (à l'est, encore mentionnée en 1778) et le côté nord, auquel a été ajoutée (XVIe s. ?) une petite chapelle latérale. La porte d'entrée qui s'ouvre sur ce côté daate apparemment de la restauration de l'édifice effectuée entre 1479 et 1486. La construction du bas-côté, qui a entraîné la reconstruction de la voûte de la nef doit se situe à la fin du XVIIe siècle, peu après 1686, date à laquelle le chapitre de Saint-Ruf céda à la communauté la dîme pour qu'elle prenne en charge l'entretien total de l'édifice, et avant 1714 (paiement des menuiseries des fenêtres). La longueur de ce bas-côté a été volontairement réduite et la mur ouest de la nef légèrement dévié pour permettre l'ouverture d'une porte d'accès au cimetière, qui s'étendait au sud de l'église. La sacristie actuelle a été construite en 1842. L'ancienne se trouvait dans le réduit pratiqué sur le côté nord de l'abside, en bordure de la rue, sur laquelle elle prenait jour par une fenêtre. Très enterrée, elle était assez insalubre et le clergé s'est souvent plaint de l'humidité qui y régnait. Reconstruite une première fois en 1665-1666 (d'où la date inscrite sur la porte de communication avec le chœur), elle fit l'objet de nouveaux travaux d'assainissement (construction d'un aqueduc de drainage sous le sol de la rue) et de réfection (enduits, agrandissement de la fenêtre) en 1778. Au fond de la nef, à l'ouest, se trouvait une tribune, agrandie en 1745, restaurée en 1817, détruite à une date non connue...". (dossiersinventaire.maregionsud.fr). |